En ces temps troublés, où l’on demande à une grande majorité des français de choisir entre manger leur pisse et boire leur merde, il n’est pas évident de trouver des raisons d’espérer quand on est de gauche dans ce pays. Les 22% de Mélenchon ont un goût amer pour tous ceux ayant sacrifié leurs convictions pour ce vote vital, pour les insoumis confirmés qui ont cru, l’espace d’un instant, à un deuxième tour qui aurait été passionnant, et même les conservateurs ayant glissé leur bulletin Poutou, Natou ou même Lassalle (wtf) dans l’urne n’apprécient que peu la tournure actuelle des choses. Déjà, le débat social disparait au profit de sujets inintéressants pour le peuple, et nous retournons dans un monde où le port d’un bout de tissu est plus important que les débats sociaux profonds qu’on avait vu éclore lentement et après maints efforts.

Au lendemain du débat le plus catastrophique de la Ve république (J’ai pas regardé, mais twitter suffit à comprendre le naufrage), les regrets se transforment en rage impuissante. La question “Que faire” n’a aucune réponse viable, et nous avons le choix entre rester dans un agréable déni, dans une floue ignorance, ou accepter la froide et dure réalité politique, et regarder en face les promesses infernales de nos deux tourtereaux toxiques, incapables d’exister sans l’autre (parenthèse inspirée de Lénine et Brecht, tous deux d’accord pour dire, entre autres, que, grosso modo, le capitalisme ouvre le voie au fascisme, ouais, je sais, captain-obvious). On entend de plus en plus de voix s’élever de la gauche parlant du mois de juin et des législatives. Certains se prennent même à imaginer un Méluche premier ministre. Lol.
On se souvient du discours tenu en 2017, époque où j’étais suffisamment jeune pour croire que d’autres élections que les présidentielles pouvaient faire changer les choses, et où la majorité En Marche avait crevé tous les plafonds de siège dès le lendemain du deuxième tour (308, une peugeot le truc). Certes, les gens avaient à cette époque envie pour la plupart de laisser Macron gouverner, certes. Certes, il y a peut être plus de gens lucides sur la violence de sa politique prêts à tout pour le faire sauter, comme les insoumis qui glisseront un bulletin MLP dimanche dans l’urne. Mais imaginer chipper une majorité à Macron alors qu’il commence déjà à s’acoquiner avec les Républicains relève de l’utopie. Faire des propositions d’alliance avec des partis tels qu’EELV, connus pour leur verve socialiste, leur passion sociale et leur envie de défendre le peuple quitte à bouleverser l’ordre établi semble plus que douteux, même si on peut saluer la mise  à l’écart du PS, qui, abandonnant une dignité qu’il n’avait de toute manière plus, va venir quémander une alliance après s’être vu fermer la porte définitivement par la formation de JLM.
Je ne dis pas qu’il ne faut pas militer un maximum avant les législatives, mais à moins d’un miracle, la rue restera le seul moyen de lutter pendant cinq ans, le seul terrain d’expression ou le peuple pourra essayer de se faire entendre. Essayer car le futur pouvoir s’annonce toujours plus répressif, toujours plus radical dans sa destruction méthodique de notre modèle social, pour attirer des investisseurs et rester compétitifs.

Alors, que nous reste t’il? La perspective de passer cinq années semblables voire pires que les précédentes et de se retrouver en 2027 avec des ruines sociales n’est pas réjouissante, et la fracture que nous connaissons déjà ne va faire que s’aggraver.
Il n’y a pas de ligne de conduite à suivre. Prendre des vacances ferait du bien à tout le monde. Passer la date du 24. Attendre. Et se préparer à se battre pour ne pas laisser une seule miette au futur gouvernement. Défendre nos acquis sociaux, quoi qu’il en coûte.

Et ne pas oublier de vivre. De profiter de ce qu’on a, de ceux que nous avons. La force nécessaire pour mener des luttes sociales peut sembler difficile à trouver dans ces moments, et se recentrer sur soi même, un moment, sera bénéfique à tous. Prendre quelques vacances politiques pour ceux qui le peuvent, fuir l’ambiance étouffante de ce deuxième tour invivable pour une majorité des Français.

Et après, revenir. Ne rien lâcher, jamais. Faire mieux, comme dirait l’autre. Avancer à contre courant, encore. Réfléchir, essayer de convaincre. Lentement. Parce qu’un jour, par les urnes ou ailleurs, c’est nous qu’on gagnera.

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À propos de l’auteur

Parfois étudiant, parfois musicien, parfois autre chose, mais toujours là pour corriger vos fautes de français, et en faire aussi.

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